
Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit:
"Paix à vous!"
Jean 20, 1-31
1 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala
vient de bonne heure au tombeau,
comme il faisait encore sombre,
et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau.
2 Elle court alors et vient trouver Simon-Pierre,
ainsi que l'autre disciple, celui que Jésus aimait,
et elle leur dit: "On a enlevé le Seigneur du tombeau
et nous ne savons pas où on l'a mis."
3 Pierre sortit donc, ainsi que l'autre disciple,
et ils se rendirent au tombeau.
4 Ils couraient tous les deux ensembles.
L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau.
5 Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre; pourtant il n'entra pas.
6 Alors arrive aussi Simon Pierre, qui le suivait; il entra dans le tombeau; et il voit les linges, gisant à terre,
7 ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit.
8 Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut.
9 En effet, ils ne savaient pas encore que, d'après l'Écriture, il devait ressusciter d'entre les morts.
10 Les disciples s'en retournèrent alors chez eux.
18 Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur et qu'il lui a dit cela.
19 Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit: "Paix à vous!"
20 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur.
21 Il leur dit alors, de nouveau:
"Paix à vous! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie."
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Pierre et Jean courant au tombeau
(Eugene Burnand)(1850-1921)
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Montage Credo Resurrection © Françoise Burtz /
photo Jean-Noël Michalik

Icône du Christ (détail) © Grégoire Krug
/ Photo Jean-Noël Michalik
Je suis sur le chemin de Pâques. Ma vie est un éternel passage. Je passe de la mort à la vie. Constamment. Mais parfois, ma vie s’arrête. Je m’entête à rester en arrière, ma tête et mon cœur enfouis dans ma chair. Je suis trop souvent d’hier. Pas assez de demain. J’avance. J’arrête. Je me traîne. Je piétine jusqu’à ras bord. Je recule. Je me reprends. La vie s’ouvre un instant. Elle me tire par devant. Même si je la trouve belle, elle m’essouffle souvent. Entre deux silences, elle soupire en languissant.
Patiente, elle m’attend toujours. Elle est là. Moi, je ne suis pas toujours là. Je m’accroche lamentablement à moi-même. Elle veut m’arracher à moi-même. À mon esclavage. Elle veut briser mes chaînes. La vie est tenace. Elle me prend, me ravit, me séduit. Elle finit par me remettre sur le chemin, le chemin de Pâques. Le chemin de l’espérance. Mon chemin. L’Esprit devient mon guide intérieur. Si je le veux. Voilà où je suis. Voilà où j’en suis. Voilà qui je suis.
Ma vie est désormais devant moi. Jamais plus je ne la voudrai en arrière. Je ne veux plus d’hier. Je ne veux que demain. Je veux que ce demain soit rempli d’eau pure, fraîche, limpide, vivifiante. Je veux qu’elle soit remplie de l’Autre. Et des autres, aussi : ceux qui sont debout. Eux, ils me suscitent, me lancent et me relancent. Ils brisent mes certitudes, me bousculent, me sortent du rang ; ils m’éclairent. J’accepte d’être bousculé, troublé. La vie est dans la liberté. Ce que je cherche, ce que je veux, c’est la vie. C’est la Vie que je veux. Pas moins.
Il y a deux sortes de morts. La première est inéluctable. Elle nous atteint tous. La deuxième, si elle n’est pas inéluctable, elle est en revanche exécrable, invivable, détestable, insupportable. Elle atteint le cœur. Mon cœur. Je l’ai déjà connue cette mort. C’est celle qui m’empêche parfois, et trop souvent, de naître à ma propre vie. C’est le mur que j’élève pour me défendre de l’autre. De l’Autre. Elle me renvoie à moi-même. Elle m’enferme en moi-même. J’ai à choisir. J’ai choisi. J’ai choisi de ne plus me faire atteindre par elle. Si je veux vivre, je dois m’astreindre à me libérer de tout ce qui m’empêche d’aimer.
Le chemin de Pâques est un chemin de paradoxe. La mort y côtoie la vie. La mort et la vie se livrent une bataille de Titans. L’épi de blé, c’est le grain qui meurt pour renaître à la vie. C’est la vie, sans oripeaux, sans gloriole. La vie en plénitude. Celle qui m’est déjà donnée. Celle qui se fera bercer par le flot de lumière déjà en moi. Celle que je veux donner, celle que l’on gagne quand on la perd.
Voilà où j’en suis. Voilà où je suis. Et j’ose dire pour la énième fois que je suis en route pour la gloire du matin de Pâques. Voilà où j’en suis. Voilà où je suis. La seule chose qui m’importe, c’est de devenir homme, Homme comme le Christ m’a promis que je le deviendrais si je mangeais son corps et buvais son sang.
En attendant, « J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. »
Florent Roby, animateur
Comité de formation continue
Mess'AJE-Québec
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